sports par Ryad (AFP) , jeudi 6 janvier 2022 à 00:47

Dakar 2022 : au bivouac, mélange de sérénité et d’inquiétudes

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Au lendemain de l’ouverture d’une enquête terroriste à Paris, liée à l’explosion qui a touché un véhicule de liaison sur le Dakar-2022 en Arabie Saoudite, le bivouac se montrait plutôt serein mercredi, malgré quelques inquiétudes.

La caravane du Dakar, désormais installée à Riyad pour plusieurs jours, continue son chemin dans les dunes et sur les routes de la péninsule arabique, dans une ambiance plutôt décontractée à la suite du renforcement des mesures de sécurité entourant la compétition et ses concurrents.

Mardi soir, pourtant, à Paris, le parquet national antiterroriste a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour "tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

Les investigations concernent l'explosion survenue le 30 décembre à Jeddah (centre ouest), qui a touché un véhicule occupé par un équipage de cinq Français et blessé grièvement le conducteur, Philippe Boutron, 61 ans, rapatrié après avoir été opéré en Arabie saoudite. Il est désormais soigné à l'hôpital militaire Percy de Clamart, près de Paris, et a été placé en coma artificiel pour soulager ses douleurs, selon son équipe Sodicars Racing.

"Je n'étais pas au courant de l'enquête française. Nous avons discuté des mesures de sécurité hier (mardi) pendant notre réunion quotidienne et demandé à tout le monde de rester vigilant, de ne pas laisser les voitures seules, mais sans paniquer", a déclaré à l'AFP le Letton Arturs Priednieks, chef d'équipe chez South Racing et responsable de 160 personnes sur la course.

Les mesures de sécurité additionnelles qu'il a pu constatées - "beaucoup de voitures de police sur le parcours" - ont été remarquées par tous les participants.

Même son de cloche au sein d'Epsilon Team. "Je ne savais pas qu'une enquête française était en cours. Je ne ressens pas de peur ici, et nous ne sommes pas plus méfiants qu'avant", assure le mécanicien et conducteur espagnol de camion d'assistance Jordi Santanach.

Alberto Herrero, pilote espagnol du camion Scania numéro 525, va dans le même sens. "A l'intérieur du bivouac, aucun problème pour moi", dit-il. Son assistant Diego Herrera, qui fait le voyage par la route, affirme en revanche "faire beaucoup plus attention en m'arrêtant aux stations-service sur la route. Je regarde autour de moi, les autres véhicules, je suis très précautionneux désormais".

- "Pas rassurant" -

Sous couvert d'anonymat, dans une compétition dont la communication est fermement encadrée, certains équipiers sont plus critiques et évoquent une certaine inquiétude. "Nous savons que c'est une région à risque, que ces situations peuvent arriver ici", confie le responsable d'un team de deux motos.

"Ca n'est pas rassurant mais nous ne sommes pas anxieux sur la route, le malaise vient surtout des familles en France qui voient des informations inquiétantes et nous appellent pour se rassurer", lâche un mécanicien couché sous une voiture.

Les autorités saoudiennes avaient écarté samedi la piste d'un acte criminel pour expliquer ce qu'elles ont qualifié d'"accident".

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a appelé ses ressortissants à la "vigilance maximale", ajoutant au contraire que "l'hypothèse d'un acte criminel" n'était "pas écartée" et rappelant que "la menace terroriste persist(ait) en Arabie saoudite".

mots clés de l'article : auto , moto , rallye , 2022 , Dakar

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