sports par Orlando (Etats-Unis) (AFP) , mercredi 29 juillet 2020 à 12:46

La NBA, au rebond, reprend sa saison dans la bulle de Disney

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Quatre mois et demi après son interruption due au coronavirus, la saison NBA reprend enfin jeudi dans la bulle de Disney World, pour l’heure hermétique à la pandémie, avec l’objectif de couronner un champion en octobre, sans oublier de soutenir "Black Lives Matter".

Comme un symbole, le pivot français Rudy Gobert, dont l'annonce du test positif au Covid-19 a entraîné l'arrêt de la compétition le 11 mars, rouvrira le bal avec Utah contre New Orleans, avant le choc angelino Lakers-Clippers, également à huis clos.

Première ligue nord-américaine à avoir stoppé le jeu, la NBA n'a pas voulu forcément être la première à le reprendre, mais être celle qui le ferait dans des conditions optimales pour préserver la santé des joueurs. Un sacré défi pour la ligue, qui a employé de gros moyens pour y parvenir, malgré la pandémie de nouveau incontrôlée aux Etats-Unis (plus de 148.000 morts).

Cela a un coût: plus de 150 millions de dollars, selon ESPN, alors que les pertes de revenus vont dépasser le milliard, faute de billetterie notamment. Mais avec plus de 150 matches, saison régulière et play-offs confondus, la NBA limitera la casse grâce aux droits télévisés.

Pour l'heure, son projet de faire vivre ensemble quelque 1.500 personnes (joueurs, staffs des 22 équipes, personnel divers, rares journalistes), fonctionne.

Depuis trois semaines qu'ils ont pris leurs quartiers dans le luxueux complexe ESPN Wide World of Sports, les joueurs sont testés quotidiennement. Et, hormis deux cas positifs à leur arrivée, aucun autre n'a été déploré ces 15 derniers jours.

- "Optimisme prudent" -

"De mon point de vue, ça se passe très bien", a déclaré le patron de la NBA Adam Silver, au New York Times, affichant un "optimisme prudent". "Je pense que nous sommes sur la bonne voie. Mais je reconnais aussi que ce que nous faisons n'a pas été fait auparavant et que la compétition ne fait que commencer".

Silver a également souligné les "sacrifices" consentis par les joueurs, loin de leurs familles.

Mais pour que le concept de bulle fonctionne, il en va de la discipline de chacun. Lou Williams (Clippers), qui s'est rendu dans un strip-club après avoir été autorisé à aller à un enterrement, a ainsi vu sa quarantaine rallongée à dix jours.

Ce type de violation des protocoles ne devra pas se multiplier car cela augmenterait le risque d'une épidémie. Or comme l'a dit Jared Dudley (Lakers), "chaque équipe possède un Dennis Rodman", en référence à l'ex-star ingérable des Pistons et des Bulls.

Malgré tout, le sentiment d'être en sécurité est partagé par tous. "Si cette bulle fonctionne, je suis plus protégé ici qu'au Texas. Et vu que la décision a été prise de redémarrer la saison dans ces conditions, avec toutes ces précautions, quelle opportunité!", a déclaré Gregg Popovich, qui ne quitte jamais son masque pendant les matches des Spurs.

- Agenouillements attendus -

L'entraîneur âgé de 71 ans ne perd jamais non plus une occasion d'afficher son soutien à Black Lives Matter, alors que les Etats-Unis sont le théâtre de manifestations contre l'injustice raciale depuis la mort de George Floyd lors de son interpellation le 25 mai à Minneapolis.

Malgré l'appel de Kyrie Irving à boycotter la reprise pour mieux se consacrer à cette lutte, la quasi-totalité des joueurs est bien présente à Orlando où leurs prises de parole sur ce thème sont quotidiennes.

"Black Lives Matter" est peint en noir sur les parquets et les joueurs pourront remplacer leurs noms par divers messages sur leur maillot, tels que "Justice Now", "Vote" ou "I Can't Breathe" ("je ne peux pas respirer").

Des initiatives devraient être lancées en marge des matches, pour l'heure inconnues, mais une chose est quasiment sûre: des genoux se poseront sur le sol au moment où résonnera l'hymne national.

Après quoi viendra l'heure de jouer dans trois salles au décor hi-tech, avec des écrans géants entourant l'aire de jeu, sur lesquels des mosaïques de fans regardant les matches en direct apparaitront.

"A whole new game", comme l'indique le slogan, qui concerne aussi le format de la reprise avec 22 équipes, pour permettre à certaines d'accrocher les play-offs, les huit premières places qualificatives pouvant faire l'objet de barrages inédits dans chaque conférence.

Déjà qualifiés depuis longtemps, les trois favoris Bucks, Lakers et Clippers ne visent eux rien d'autre que le titre, en espérant se rapprocher au plus vite du niveau qui était le leur en mars.

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