sports par New York (AFP) , lundi 14 septembre 2020 à 08:34

US Open : drôles de conditions, sacrés vainqueurs

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L’US Open 2020 s’est joué dans des conditions bien étranges, entre bulle sanitaire et absence de cette foule new-yorkaise d’habitude si bruyante, mais le tournoi restera également dans les mémoires grâce à deux lauréats qui ont marqué l’histoire du tennis : Naomi Osaka et Dominic Thiem.

. Messieurs

Il a certes manqué le frisson, toujours répété, de voir jouer Federer, qui a profité de l'interruption de la saison pour se faire opérer d'un genou. Il a également manqué l'ébahissement de voir Nadal défendre son titre, pour des raisons sanitaires. Mais Djokovic était là et Djokovic a fait "pschitt" dans un incident qui aurait fait exploser le court Arthur-Ashe s'il avait été garni de ses 23.000 spectateurs. Sa disqualification en 8e de finale pour avoir touché involontairement une juge de ligne avec une balle sur un geste de colère, a grand ouvert la voie à un vainqueur inédit. Et après une demi-finale impressionnante face à Daniil Medvedev, finaliste l'an passé, Dominic Thiem était le candidat tout désigné pour le titre. Mais son adversaire Alexander Zverev, si miraculeusement arrivé jusque-là, a profité de l'extrême tension de Thiem devant cette dernière marche pour la lui rendre quasiment infranchissable. Et c'est un combat de 4 heures, qui a beaucoup plus valu pour sa dramaturgie que pour sa qualité tennistique, qui a conclu le tournoi masculin. Exténués, paralysés par l'enjeu, Thiem et Zverev ont fini quasiment par se renvoyer la balle en attendant que l'autre craque (Zverev, dont le service est redoutable lorsqu'il passe, servait des premières balles à environ 110 km/h sur la fin...). Et à ce jeu du petit bras, Thiem a remporté son premier titre du Grand Chelem après trois finales perdues.

. Dames

Le tableau était très dépeuplé avec notamment l'absence de six des dix meilleures joueuses mondiales, dont la N.1 Ashleigh Barty, la N.2 Simona Halep et la tenante du titre Bianca Andreescu. Mais Jennifer Brady, qu'on n'avait jamais vu jouer à ce niveau, et la revenante Victoria Azarenka, qui n'avait plus excellé depuis des années, ont animé la quinzaine. Sans compter Naomi Osaka et l'épopée avortée de Serena Williams. A 25 ans, Brady n'avait encore jamais dépassé les 8es de finale d'un Majeur. Cette fois, elle a infligé des corrections à ses adversaires, y compris l'ex-N.1 mondiale Angelique Kerber, jusqu'en demi-finale, où elle a quand même poussé Osaka au 3e set. Dans l'autre demi-finale, Azarenka a pris sa revanche sur Serena Williams qui l'avait battue en finale en 2012 et 2013. Avec cette défaite, Williams a laissé passer une bonne chance de remporter un 24e titre du Grand Chelem qui lui permettrait d'égaler le record de Margaret Court. La finale entre Osaka et Azarenka a atteint des sommets tennistiques, contrairement à la finale messieurs. Et après un joli retournement de situation, c'est la Japonaise qui a décroché le troisième titre majeur de sa carrière à 22 ans, après l'US Open 2018 et l'Open d'Australie 2019. Osaka a également profité de ce tournoi pour laisser paraître sa personnalité, d'habitude cachée derrière un mur de timidité. C'est une activiste contre l'injustice raciale qui a profité de son exposition pour dénoncer les violences policières envers les Afro-américains aux Etats-Unis.

. Les coulisses

L'édition 2020 restera aussi dans les mémoires par le psychodrame qui s'est joué en dehors des courts. Tout est parti du test positif au coronavirus de Benoît Paire avant même le début du tournoi. Le Français a été immédiatement exclu et confiné dans sa chambre, mais sept joueurs (ses compatriotes Richard Gasquet, Adrian Mannarino, Edouard Roger-Vasselin, Grégoire Barrère, Kristina Mladenovic, ainsi que les Belges Kirsten Flipkens et Ysaline Bonaventure) ont été déclarés cas contact pour avoir joué aux cartes avec lui, et placés dans une bulle dans la bulle. A savoir qu'ils ont été soumis à des conditions de contrôle sanitaire bien plus strictes encore. Ce qui a fait craquer Mladenovic qui s'est estimée considérée comme "une prisonnière" ou une "criminelle". Elle a fini par être empêchée de jouer en double, provoquant l'élimination de son duo avec Timea Babos. Tous ces joueurs, bien que négatifs au Covid-19 et éliminés du tournoi, ont dû rester confinés en quarantaine dans leur chambre d'hôtel quasiment jusqu'à la fin de la quinzaine new-yorkaise.

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