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Océan Indien mardi 31 mars 2020

“On n’est pas au bagne mais on n’est pas à l’hôtel non plus”, le colonel Frédéric Jardin s’adresse aux confinés du RSMA

220C’est sur un ton mêlant humanité et détermination que Frédéric Jardin s’adresse dans un 1er bulletin à la centaine de passagers de retour de Madagascar, placés en quatorzaine au Régiment à Combani. Ces derniers se sont plaints de traitements indignes, tant dans le gîte et le couvert.220 220Le militaire ne nie pas les dysfonctionnements, mais annonce en avoir résolu la plupart, “On n’est pas au bagne mais on n’est pas à l’hôtel non plus. Cette résidence est spartiate, rudimentaire mais correcte, et vous avez pu constater que depuis 24h nous cherchons sans cesse à l’améliorer. Nous avons encore du chemin à faire ensemble !”.220 220Il rappelle que “nous sommes entrés en guerre”, “dans cette guerre la mission que j’ai reçue hier est de vous héberger et de vous protéger. Mais pour vous protéger vous devez absolument respecter les mesures barrières sanitaires et adopter de nouveaux réflexes que nous avons appris depuis trois semaines, ici à Mayotte et que vous découvrez depuis 24h.”220 220Des gestes d’hygiène qu’on pourrait croire respectées à la lettre, “nous vous avions mis plus de 250 savons de Marseille hier. Vous m’en redemandez aujourd’hui ? Disciplinez-vous de grâce. Même si le repas d’hier n’était a priori pas de qualité, je doute que certains aient mangé du savon. Nous vous en redonnerons demain néanmoins.”220 220Les améliorations nécessaires ont été apportées selon Frédéric Jardin, “Les problèmes des ventilateurs et des serviettes sont réglés. Nous essaierons demain de brancher deux machines à laver dans le bâtiment”, et la visite de l’infirmière est prévue ce lundi de 9h à 12h.220 220Son dernier mot sera “résilience”, en écho à l’opération lancée par le président de la République, qu’il définit comme “l’aptitude à faire face avec succès à une situation représentant un stress intense en raison de sa nocivité ou du risque qu’elle représente, ainsi qu’à se ressaisir, à s’adapter et à réussir à vivre et à se développer positivement en dépit de ces circonstances défavorables. Je retiens s’adapter et positivement, comme l’ont fait nos parents et nos grands-parents il y a 80 ans…”220 220Lire Lettre aux résidents n°1220 220L’article “On n’est pas au bagne mais on n’est pas à l’hôtel non plus”, le colonel Frédéric Jardin s’adresse aux confinés du RSMA est apparu en premier sur Le Journal De Mayotte.220

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Océan Indien lundi 30 mars 2020

Anjouan-Mayotte : quand le Covid-19 fait perdre le cap aux kwassa

220Difficile d’être précis sur le nombre. Selon un de nos confrères, journaliste indépendant en Union des Comores, peu de kwassa (il l’écrit kwasa prononciation qui équivaut à nos « ss » français) étaient interceptés en tout cas, « mardi après-midi, des kwasa ont été signalés à Kangani et Sandapoini, dans le Nyumakelé. Mais comme souvent, les passagers disparaissent dans la nature. Ironie de l’histoire, comme lorsqu’ils arrivent à Mayotte, les kwasa déchargent leurs passagers et repartent incognito », écrit E.M. dans Al-Fadjr. Car les autorité comoriennes ont mis en place une opération d’interception de kwassa, contrôlée par le président Azali mercredi dernier, qui a rejoint son ministre de la santé et le directeur de cabinet en charge de la Défense à Anjouan, « pour une visite des postes militaires de contrôle des côtes, à Ouani et à Bambao. La stratégie est clairement annoncée, ‘toutes les personnes venues de Mayotte ces derniers jours doivent être placées en quarantaine’ ».220 220Notre confrère journaliste rapporte les propos du maire de Ongojou (Anjouan) qui analysait que la plupart, « sans papiers français » et vivant de petits boulots, « ne peuvent plus se rendre dans les champs (à Mayotte, ndlr) à la suite des mesures de confinement décidées par les autorités de l’île». La plus probable des explications, bien que perdure la crainte que certains soient porteurs du virus et souhaitent se soustraire à la quatorzaine.220 220Nos confrères de Mayotte la Première rapportaient qu’il y a eu depuis la semaine dernière au moins une dizaine de débarquements, « la population des localités de Domoni, Nyumakélé et Ouani commence à s’inquiéter de ces arrivées craignant l’importation du Coronavirus depuis Mayotte ». Et soulignent l’ironie de l’histoire, « les gardes côtes comoriens, dont la France demandait en vain depuis des années qu’ils luttent contre les départs de kwassas vers Mayotte, sont maintenant mobilisés contre les arrivées depuis Mayotte. »220 220220Quand Mayotte devient française pour les dirigeants comoriens220220 Après avoir fermé les liaisons aériennes, les autorités comoriennes craignent la propagation du Coronavirus par la mer 220Pour E.M., avec cette attitude, les dirigeants comoriens ont loupé le coche : « Dans ce contexte particulier où une île des Comores (Mayotte dans la vision comorienne, ndlr) est affectée par le virus -subitement elle devient française dans la bouche de ceux-là même qui dénoncent une annexion-, ces invectives de part d’autre, et surtout de la part comorienne, dévoilent une conception curieuse du patriotisme. Faut-il assener qu’un peuple, qu’un pays se soude face à l’épreuve, et que c’est dans sa capacité à créer des solidarités que les individus forment une communauté nationale ? L’Union des Comores a manqué encore une occasion d’affirmer la grandeur d’une nation, en exprimant d’abord sa solidarité aux frères comoriens de Mayotte touchés par l’épidémie, en négociant ensuite avec les autorités administrant cette île, des moyens coordonnés pour acheminer ceux qui souhaitaient retrouver leur île d’origine. »220 220Peut-on en déduire que cette analyse souligne une évolution chez les dirigeants comoriens, commencée avec la signature d’un Pacte qui mentionnait la lutte contre « l’immigration vers Mayotte » ?220 220En tout cas, selon Mayotte la Première, le trafic est malgré tout « toujours aussi important dans le sens habituel, et risque de s’accentuer, car il y a une rumeur persistante de début d’épidémie à Moroni », justifiant la crainte de la directrice de l’ARS de voir le système de santé « embolisé » à Mayotte, et la proposition de la maire de Chirongui de solliciter les établissements de la région.220 220Anne Perzo-Lafond220 220L’article Anjouan-Mayotte : quand le Covid-19 fait perdre le cap aux kwassa est apparu en premier sur Le Journal De Mayotte.220

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Océan Indien mercredi 25 mars 2020

Rapatriement des nationaux : « Attention à ne pas oublier ma femme et mes enfants ! »

220« Ma famille devait rentrer sur le vol Moroni-Dzaoudzi le 19 mars, mais la veille au soir, le vol a été annulé. J’ai eu au téléphone la “cellule de crise” de l’ambassade des Comores à Moroni le 20 mars, ils ont pris les identités des 3 enfants et de ma femme, et m’ont dit qu’ils allaient organiser un vol de rapatriement dans le week-end ou début de semaine prochaine à la condition de payer le billet d’avion. Il n’y a aucun problème pour ça, mais l’ambassade de France nous dit que c’est la préfecture de Mayotte qui bloque. Il y a une cinquantaine de français bloqués comme cela aux Comores. »220 220Difficile à comprendre au moment où le ministre des Affaires étrangères communique sur « des moyens importants » mis en œuvre pour rapatrier les français de passage à l’étranger. Un plan de transport « pleinement opérationnel » qui a permis ces derniers jours « le retour vers la France de plus de 60.000 de nos compatriotes ». Maroc, Tunisie, Algérie, Espagne, Portugal, Amérique Latine, Asie, Moyen Orient, sont cités, tout comme l’Afrique. Le ministre Jean-Yves Le Drian indiquait d’ailleurs veiller à ce que « les tarifs des billets d’avions soient régulés ».220 220220Partis sans laisser d’adresse220220 Julien Kerdoncuf se dit confiant sur le proche rapatriement des ressortissants français 220Alors que cet infirmier va être fortement sollicité sur le plan sanitaire à Mayotte, il souhaiterait savoir sa famille en sécurité auprès de lui, « on me demande de tout donner pour mon pays, de faire appel à un certain patriotisme et solidarité, de travailler sans protection, alors qu’en même temps on laisse complètement tomber ma femme et mes enfants ! »220 220Ce n’est pas le cas, rassure Julien Kerdoncuf, sous-préfet chargé de la Lutte contre l’Immigration Clandestine à Mayotte, mais une mise à jours de justificatifs pour l’ensemble des français bloqués là-bas : « Les vols nous reliant aux Comores ont en effet été suspendus à partir du 18 mars. Depuis, un arrêté de restriction des déplacements a été pris dimanche, qui octroie des dérogations, notamment pour rapprochements familiaux. Mais cela doit être motivé par un justificatif, notamment de domiciliation à Mayotte. Or la liste d’une cinquantaine de ressortissants que nous a envoyée l’ambassade de France à Moroni, n’est pas complète au niveau des adresses. » Selon lui, ce n’est qu’une question de jours, « même si il va falloir organiser les retours avec des avions qui sont suspendus, cela peut aller très vite dès qu’on a tous les documents. »220 220Eric parle à sa femme plusieurs fois par jour au téléphone, « ils vont bien, mais la situation sur place change assez vite, les commerces commencent à fermer, les denrées alimentaires sont rationnées et le riz et les médicaments commencent à manquer. J’ai peur de la panique que cela peut engendrer là-bas, en cas de problème il n’y a pas le 15 pour le SAMU ou le 17 pour la police… Il faut se débrouiller ».220 220Anne Perzo-Lafond220 220* Prénom d’emprunt220 220L’article Rapatriement des nationaux : « Attention à ne pas oublier ma femme et mes enfants ! » est apparu en premier sur Le Journal De Mayotte.220